Hannah Arendt on human life

Les théories modernes dont la raison d’être est de brouiller la nature de l’homme et d’ainsi lui donner une croyance surabondante en sa personne s’entretiennent de ce brouillage permanent. Ce brouillage permanent utilise la pensée de Simone de Beauvoir sur la vie humaine. Le brouillage permanent, le déracinement, l’infantilisationIl faut dire à l’homme qu’il est fort pour l’affaiblir, le pousser à succomber à toutes ses envies pour l’asservir. Le déraciner pour lui permettre de se croire seul maître de son destin. La vanité et l’orgueil feront le reste du travail.

« Ce n’est que dans la mesure où il pense (…), qu’il est un “the” et unquelqu’un”, que l’homme peut, dans la pleine réalité de son être concret, vivre dans cette brèche du temps entre le passé et le future. »*

* Hannah Arendt, La Crise de la culture.

Unamuno sur la vie humaine

« Je ne veux pas mourir, non je ne le veux pas, ni ne veux le vouloir ; je veux vivre toujours, toujours ; et vivre moi, ce pauvre moi, que je suis et je me sens être aujourd’hui et ici, et c’est pour cela que me torture le problème de la durée de mon âme, de la mienne propre. »*

La force de l’assertion de Unamuno est qu’il exprime le désir de vie humaine hors de la moindre pensée de plaisir. Nous sommes ici en présence d’une citation qui s’affirme comme un défi lancé au monde moderne quand la théorie de l’action comme sens peut être utilisée par toutes les idéologies modernes.

*Le Sentiment tragique de la vie.

Yeats on human life

« Quand je pense à tous les livres que j’ai lus, disait Yeats, à tous les mots avisés que j’ai entendus, à toutes les angoisses que j’ai données à mes parentsà tous les espoirs que j’ai eus, toute vie pesée dans la balance de ma propre vie me paraît être une préparation de quelque chose qui n’arrive jamais. »*

* citation tirée de Journal de Yeats.

Simone de Beauvoir on human life

"To say that life is absurd, that is, it will never make sense. Ie it is ambiguous, is to decide its meaning is never fixed, it must always be earned. * "

Formidable declaration of impotence draped in an expression of the will to power or how the desire must adjust, dictate life. This sentence is of course a revolutionary manifesto. Simone de Beauvoir defines the class struggle and all the actions of the left since the French Revolution : envy as an act of faith. Envy is always daughter of immanence. Simone de Beauvoir says : "God is dead, let us now that we are masters of our lives and they are accomplished in action. "By doing Beauvoir ignored religion but also of ancient philosophy, it asserts that the ongoing struggle is the only way. This ongoing struggle is fueled by envy ; envy has this strength immarcessible, it feeds both of his defeats than victories. This is the ultimate evil force. She faces life.

The philosophy of Simone de Beauvoir's life is adulescente paraphrase Tony Anatrella, and fact, it is a negation of life because it denies its quality and thickness to resolve it in a permanent and pathetic fight.

We also see the form of modernism. This action immediately becomes a denial of the inner life. Or rather it wants an alternative to the inner life because it is common to hear, a dramatic reversal of direction, the action is the inner life of activist. We also understand that this statement does not want anything to find a solution, appeasement would end. She revels in the noise and violence.

*An Ethics of ambiguity.

Pascal on human life

And this excerpt Pascal, avowed intimacy and forced :

"When I consider the short duration of my life, absorbed in the preceding and following eternity, the small space that I fill and even I see, damaged in the infinite immensity of spaces that I ignore and ignore me, I am frightened and astonished to see myself here rather than there, for there is no reason why here rather than there, why now rather than then. Who put me there ? By the order and conduct of which this place and this time has he been for me. Memory guest single day *. »

From the Book of Wisdom, V, 15 : "The hope of the wicked is (…) as the smoke dissipates as wind or *like the memory of a host who goes and who is one day in one place ».

Tolstoy on human life

Ce matin, je tombe* — littéralement — sur ce passage de Confession de Tolstoï qui est une pure merveille et qui annonce si bien La Mort d’Ivan Ilitch écrit sept ans plus tard :

« D’abord il me sembla que c’était des demandes gratuites, déplacées. Je croyais que tout cela était déjà connu, que si je voulais un jour aborder ces questions de front, cela ne me donnerait nulle peine, que pour le moment je n’en avais pas le temps, mais que dès que j’en aurais envie, je trouverais aussitôt les réponses. Or, ces questions m’assaillaient de plus en plus souvent, exigeant la réponse avec toujours plus de véhémence, et comme elles tombaient toutes au même endroit, en une multitude de points, ces questions sans réponse formèrent une seule tache noire. (…)

« Il m’arriva ce qui arrive à tous ceux qui ont contracté une maladie interne mortelle. First, on voit apparaître un symptôme insignifiant auquel le malade n’accorde nulle importance, puis les symptômes reviennent de plus en plus souvent et se fondent en une seule souffrance indivisible dans le temps. (…)

« Ma vie s’arrêta. Je pouvais respirer, manger, boire, dormir ; mais je n’avais point de vie, car il n’existait plus de désirs dont la réalisation m’eût paru raisonnable. »

Il faut la qualité de Tolstoï pour exprimer si parfaitement cette montée en puissance (que d’aucuns pourraient confondre avec de la volonté de puissance), cet envahissement progressif de l’angoisse. La Mort d’Ivan Ilitch, chef d’oeuvre condensé de ce chef-d’oeuvre qu’est la vie, donnera parfaitement cette impression de basculer dans un autre univers. En un instant anodin la vie bifurque et déroute. La vie n’est faite que de l’assemblage de ces moments intimes partagés avec soi-même.

* En lisant mes notes du petit livre fort intéressant de Monique Canto-Sperber : Essai sur la vie humaine.